La Revue Automobile · Benoît Alves
Essai Suzuki Swift AllGrip 2026 : simple, légère, sobre… et presque seule au monde (nouvel onglet)
« Et si le vrai luxe automobile, en 2026, consistait simplement à ne pas faire semblant ? Paris a ceci d’admirable qu’elle rappelle chaque matin à l’automobile ce qu’elle est vraiment. Pas un objet de désir photographié au coucher du soleil entre deux pins maritimes. Pas une promesse de liberté taillée pour les catalogues. Non. Une voiture, à Paris, c’est d’abord un instrument de survie sociale. Il faut se faufiler entre les bus, respirer dans les couloirs de circulation, négocier avec les scooters qui vous doublent comme s’ils avaient un contentieux personnel avec le code de la route, et tenter de garer un objet de plus en plus large dans des places dessinées à l’époque où une berline familiale faisait la taille d’un grille-pain debout. Dans ce décor, la Suzuki Swift AllGrip ressemble presque à une protestation polie. Petite, légère, raisonnable, discrètement originale, dotée de quatre roues motrices quand la moitié du marché se contente d’ajouter des protections de plastique noir pour se donner un air baroudeur, elle débarque dans la région parisienne comme un rappel à l’ordre. Le genre de rappel qui ne crie pas, ne parade pas, mais qui vous glisse à l’oreille que le bon sens existe encore, quelque part, entre une rue à sens unique du XIe arrondissement et une départementale humide de Seine-et-Marne. Le voyage commence donc dans la capitale, puis file vers Fontainebleau. Les immeubles haussmanniens s’effacent, les ronds-points de banlieue prennent le relais, les zones commerciales font ce qu’elles peuvent pour ruiner l’idée même de poésie, puis la route s’ouvre enfin. La forêt approche. Les troncs se resserrent, la lumière devient plus verte, le bitume ondule un peu, les villages se font plus sages, les toits plus bas, les boulangeries plus sérieuses. Et dans cette lente transition entre la ville nerveuse et la campagne qui prend son temps, la petite Suzuki commence à raconter quelque chose de plus intéressant que sa simple fiche technique. Une question, surtout. Pourquoi plus personne, ou presque, ne veut encore fabriquer ce genre de voiture ? »
Essai 1.2 Hybrid 83ch




